faire des trucs...

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Un rayon de soleil

traverse la pièce et

s'écrase

sur le drap.

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Un drap défait,

froissé,

dissimulant une forme ronde,

engourdie qu’il ne recouvre

que partiellement, le cache,

le laissant se révéler.

Cela respire,

palpite,

bouge à peine.

Cela vit

mais cela hésite à revenir au monde.

Le doré des poussières en suspension le retrouve

alors qu’il a été oublié

par ses semblables.

Le temps lui laisse

une parenthèse pour trouver

la force de dissiper

les brumes qui le retienne

dans son ailleurs.

Corps minuscule perdu dans un trop grand lit, échoué au rivage de la nuit.

La lumière remonte, trouve un visage. Des lèvres rougies, d’un ton légèrement trop carmin, mordues. Surprenantes dans sa peau pale. Des yeux clos. Elle se perd dans les circonvolutions d’une chevelure en bataille, emmêlée comme volontairement, lui arrachant un éclat blond, un reflet chaud. Un soupir entrouvre la bouche découvrant un éclat blanc. Le nez s’agite, se fronce. Une main émerge de l’océan de crin, tache pâle égarée dans l’ocre fauve. Un frisson, une contraction des doigts, mouvement d’épaule, détente d’une jambe, l’organisme s’éveille. Une paupière se soulève, puis l’autre. Une douleur diffuse à la base de la nuque lui revient, souvenir pointu de dents. Cicatrice à venir. L’idée d’être marquée émerge quelque part dans son esprit confus.

La lumière s’étale sur une peau tendue,

souligne l’ombre d’une épaule

au creux de la clavicule,

posant un éclat jaune

sur cette blancheur.

Sa chaleur en écho au brasier

rongeant son ventre,

lové entre son nombril et ses reins,

sorte de gros chat pesant

Le contact d’une main absente

sur sa hanche,

de doigts brûlants

s’entourant à ses poignets.

Une raideur dans son cou

lui revient,

ses muscles noués

crient le contact disparu.

Courbatures au creux des cuisses,

souvenir d’enserrement.

Presque douleur dorsale qui l’engourdie,

la retient dans son nid.

Le soleil ajoute au ventre de cette matinée. Le corps porté par le matelas, des draps doux qui se lamentent de la nuit au contact de sa peau nue. Des taches, des marques les habitent encore racontant chaque geste. Elle est l’empreinte d’un autre. Elle se sent le creux de ce qu’il a laissé, se remplissant de lumière matinale. Elle charge, retrouve la route de son corps tandis qu’il se réchauffe. Son souffle lui parait trop calme, trop régulier, elle l’écoute comme s’il émanait d’un étranger.

Elle reprend conscience comme on sort d’une anesthésie ; s’assied le regard ailleurs, du coton plein la tête. La journée a commencé sans elle. Son dos se dérouille, la dérange alors qu’elle le déroule. Le sommeil se rendort au coin de ses paupières. Elle se dégage des couvertures, pose un pied au sol, le deuxième, se redresse lentement, d’un geste fluide. s’habille automatiquement.